Il est là, il est enfin arrivé le dernier album de Dream Theater (dans les bacs depuis le 23 juin).
C’est toujours un événement que la sortie d’un disque de Dream Theater, fan depuis 1994 – 15 ans déjà – j’ai eu la chance de dévorer les albums les uns après les autres mais il est vrai que depuis le fabuleux album Scenes From a Memory mon oreille a été un peu plus critique sur le groupe même si on a quand même eu le droit à quelques morceaux d’anthologie, Octavarium pour ne pas le citer. L’avant dernier album, Systematic Chaos, était le premier album chez Roadrunner chez qui Dream Theater se devait de prendre ses marques et le second album était forcément très attendu : Black Clouds & Silver Linings.

J’ai pour la première fois téléchargé l’album sur l’iTunes Music Store et je ne parlerais donc pas du package, je n’ai même pas le booklet. C’est une première mais qui sait peut être que finalement j’achèterais le disque pour enrichir ma collection. L’album est bien plein puisqu’on doit être à 75 min pour 6 morceaux, on est habitué avec les new-yorkais. Mais est ce que quantité est synonyme de qualité ?
A Nightmare to Remember ouvre l’album… Un orage, la pluie au loin… Un piano au son strident, c’est sombre… Et l’explosion guitare/bass/batterie fait mouche avec des nappes de voix et un rythme très puissant. La double grosse caisse de Mike Portnoy chauffe sur cette introduction. John Petrucci nous délivre un riff très rock dans la lignée de l’album précédent. James Labrie arrive est attaque des paroles assez sombre et John Petrucci nous gratifie d’un petit solo magnifique avec un son Hendrixien comme rarement entendu et même Jordan Rudess usent de sons originaux. Le refrain est entraînant, jusque là rien à dire c’est accrocheur, efficace. L’histoire continue… Un accident de voiture… et on entre dans un passage comme seul c’est les faire Dream Theater, le calme après la tempête… Une ambulance, une salle d’opération… Le décor est planté… John Petrucci donne dans le son clair, et James Labrie est comme souvent très à l’aise dans des passages de ce genre et ce refrain est tout simplement énorme, quelle émotion ! Les parties solo sont efficaces et même si elles sont toujours aussi technique elles ne me dérangent moins, faisant partie intégrante du morceau et n’arrivant pas comme un cheveu sur la soupe…Le morceau revient à son début avec ce riff si étrange, si sombre… Et là Portnoy tel un chanteur de gothique délivre un couplet très gore !!! On aime ou on aime pas et bien moi j’aime pour la puissance et pour l’originalité ! Et le morceau finit fort très fort même.
A Rite Of The Passage, que j’ai déjà chroniqué ici, est le single mais il a sa place dans l’album et reste le morceau le plus puissant de l’album. Je trouve néanmoins pas mal de défaut à ce titre, notamment sur la partie solo qui tombe un peu comme ça et fait un peu décousu par rapport au morceau. Cependant, il est très efficace et fera mouche en concert.
Wither apporte un peu de repos à l’auditeur. Dream Theater a toujours apprécié offrir à son public des morceaux plus mélodique, plus calme, une balade. Dans la lignée d’Hollow Years, Another Day ce morceau est très efficace, le refrain fait son effet et on se laisse prendre au jeu. C’est le genre de morceau qui entraînera tout un public à chanter avec le groupe comme pendant The Spirit Carries On qui fait vibrer la salle à chaque fois ! Beaucoup dirons que ce morceau n’a pas d’utilité, mais dans l’unité d’un album comme celui-ci, il ne gâche rien. Je ne me plains pas de l’équilibre morceau puissant, morceau plus calme c’est ce qui m’a toujours plu chez Dream Theater. Et le solo de John Petrucci est tout simplement énorme, très court mais très bien réalisé, pas des notes à ne pas savoir qu’en faire. Bien vu les gars !
The Shattered Fortress est un morceau complètement fou. Dream Theater et notamment Mike Portnoy a lancé depuis l’album Six Of Inner Turbulence le thème de l’alcoolisme et comment s’en sortir en décrivant les différentes étapes. Et dans chaque album il y avait un morceau et il s’agit là du dernier. C’est un condensé des morceaux précédents reprenant les riffs tous aussi monstrueux les uns que les autres et ce “best of” est tout simplement énorme ! Bien entendu rien de bien nouveau puisqu’il s’agit de reprendre des riffs déjà joué mais de les avoir combiné comme cela n’était pas un exercice facile. J’apprécie la folie générale de ce morceau car on est surpris à chaque mesure ou preque et on se demande parfois comment ils font pour s’y retrouver c’est aussi ça que j’ai toujours aimé chez eux ! La folie !
The Best of Times commence calmement, un nouveau moment de repos après la folie du morceau précédent, le piano entre doucement puis un violon vient ajouter à l’émotion de cette introduction… Rarement Dream Theater avait été aussi nostalgique dans sa musique. La guitare sèche n’arrange rien, le décor est planté. Le morceau se déchaîne ensuite dans un passage plus rock avant de reprendre un tempo plus classique ! Le morceau garde sa mélancolie et on se laisse bercer et charmer par cette ambiance. Il y avait longtemps que le groupe n’avait pas composé un morceau de cette envergure, beaucoup d’ambiance, beaucoup de légèreté et surtout une mélodie omniprésente. Le final de ce morceau est tout bonnement incroyable, tout y passe, les solos sont fabuleux et John Petrucci y laisse ici une part de son âme et laisse un peu la technique de coté, c’est un événement pour moi !
The Count Of Tuscany est le morceau qui termine l’album, encore un morceau épique pour Dream Theater car c’est 20 minutes de musique qui nous ait proposé. L’intro est splendide, que de douceur, et quel génie dans les guitares, les arpèges sont mélodiques et l’orchestration est magnifique. Portnoy se fait plaisir à jouer des roulements bien pensés. La mélodie s’installe doucement mais sûrement et les solos sont techniques mais pas couvert d’une rythmique assommante c’est ici léger et bien réalisé. James Labrie nous gratifie une nouvelle fois d’un chant très propre et sa diction parfaite oeuvre pour les paroles peut être un peu naïve mais dans la lignée de ce que le rock progressif des années 70 pouvait offrir. Les breaks s’enchaînent et les solos aussi rappelant les moments de génie d’un Metropolis Part 1. John Petrucci nous offre même un passage calme, à la Pink Floyd, reprenant doucement la mélodie si entraînante… La guitare classique, le piano et la voix de James Labrie ouvre le final de ce morceau qui va finir en apothéose. John Pettruci démontre son talent et sa technique dans un solo très agréable, tout en finesse, je me régale. Idéal pour terminer cet album.
Difficile de faire le bilan d’un album après une longue semaine d’écoute répétée. Je faisais partie des déçus de l’album précédent et je suis obligé de constater que le groupe a enfin mis un peu de soin sur la recherche mélodique sur cet album. Abandonnant les rythmiques trop métal à mon goût, on garde ici la puissance du groupe mais sur des morceaux plus ambitieux dans la composition. Quelques morceaux se détachent plus que les autres, notamment The Best Of Times qui est pour moi un morceau à part dans le répertoire du groupe, comme si ce morceau était un morceau pour dire que tout allait s’arrêter pour eux, un titre aussi nostalgique donne sincèrement le frisson… La production est de bien meilleur facture cette fois-ci, à croire qu’avec le temps le groupe commence à vraiment comprendre le métier si particulier de producteur. Dommage que la bass soit toujours aussi sous-mixée… Cet album fait plaisir à entendre car je commençais à douter depuis quelques albums et même si je trouve que le groupe ne se renouvelle pas toujours forcément, il y a ici des espoirs et des morceaux qui feront taire bon nombre de détracteurs du groupe je pense. Je regrette bien entendu l’époque ou Mike Portnoy était plus tourné vers sa batterie que vers tout l’univers du groupe (production, promotion…) car c’est peut être son jeu qui manque aujourd’hui le plus de fraîcheur.
Alors fan ou pas de Dream Theater, cet album vaut le détour ! Le rock mélodique est de retour et c’est du tout bon pour mes oreilles